Saison 2010

Bientôt une heureuse nouvelle. La saison 2010 s'annonce sportivement riche en évenements. Je travail toujours à trouver le financement du record de l'Atlantique nord en mini 650 . Le bateau qui sera utilisé et en voie d'être terminé mais il me reste à trouver un partenaire qui en deviendrait l'armateur. En attendant la neige nous a offert une belle session de ski nocturne hier soir dans les rues Havraises. Extra!
Le retour de baton !(de chocolat)
Salut, De retour en Normandie suite à notre atterrissage un peut forcé à Lorient. Le bateau a été expertisé et nos craintes se sont révélées justes. C’est triste de casser un bateau mais ça fait partie du jeu. Jardin bio entrera bientot en chantier pour en sortir grandi, optimisé pour le rendez vous de benoit l’hiver prochain “la route du rhum”. Benoit continue sa route des coops… Je lui souhaite d’y arriver cette fois ci. Voilà, dans tout ça il faut maintenant se tourner vers l’avenir. Mon esprit se tourne de nouveau vers l’horizon salé. A l’heure du gigantismes des maxi multicoques, des budgets faramineux, de la multiplication des courses au larges tellement nombreuses que le public en perd son nord… L’accès à la course au large aurait il terni la portée des exploits réalisés par nos ancètres sur leurs galions , ces hommes qui furent les premiers grands voyageurs, les premiers à fouler les terres de découverte, les premiers a se confronter aux caprices de l’océan ; à traverser ces grandes étendues salées… Alors je me pose cette question depuis quelques temps : Pourquoi ne pas renouer avec ces traditions ? Non pas que je veuille reprendre la mer sur un galion ni prétendre a découvrir de nouveaux continent. Ces hommes partaient alors pour l’inconnu, le coté sombre de leurs certitudes… Non. C’est plutôt un sentiment d’affranchissement ? Se séparer de toutes obligations liées à une course au large avec son organisateur, ses medias aveuglés par les strasses et paillettes. Prouver que la liberté existe toujours… Mes envies se tournent vers ce qui est inédit, interdit, bien qu’on ne sait pas trop qui a dit que c’était interdit ! Hors des limites fixées par ces amiraux qui n’ont jamais mis les pieds sur une barque. Une transat ou plutôt, un record ! Quelque chose d’extreme, no limit, pas de règle si ce n’est celle de traverser l’atlantique nord sur un voilier de 6m50 , en solitaire , à l’aide de l’énergie du vent et sans énergies fossiles a bord New York / cap Lizard ni plus ni moins ! Le projet secret brule en moi depuis plus d’un an déjà : Devenir le premier à établir un temps de référence sur ce parcours historique en mini 650 ! Faire un pied de nez a ces lingots d’or qui traversent les océans en trois jours et demi ! Une transat pour les océans, une ligne de conduite écologique, un pont d’espoir entre les Etats unis et l’Europe . Une idée de la liberté qui ne doit jamais disparaître. En parlant de tout ça j’ai la chair de poule qui monte , monte, Envie, Passion, gnac… La gorge nouée par l’émotion qui me prend à chaque fois que je pense à ce projet un peu fou mais tellement proche de mes réalités… L’amour pour ces mini 6.50 , leur beauté, leurs performances extraordinaires , l’envie de vous parler de l’océan autrement que par des classements et des analystes au micro à terre. L’envie de partager, ma passion pour ce qui reste l’écosystème numéro un sur la planète, cet endroit ou la mer et l’atmosphère ne font plus qu’un . Ses humeurs , sa place sur terre, le respect que nous devrions tous lui témoigner.
La mer ne nous a pas laissé passer!

Salut, Difficile d’accoucher de ce retour sur notre abandon tant la déception me mord, me tord. Depuis deux nuits Jardin Bio est de retour dans un port… Blessé, déception, frustration… Etre au départ n’avait pas été chose simple. Merci aux amis qui ont rendus ce défi réalisable… Merci à ces anonymes qui savent vous donner leur temps, leur énergie, leur bonne humeur…A ceux qui rendent les choses possibles ! Le défi était à notre portée ! Les heures vagues avaient fait place au bonheur, l’eau courrait sous la carène , les nuits en mer étaient noires mais les étoiles faisaient de temps en temps place a l’extase que nous rencontrons lors de nos incursions dans ce monde sauvage. La course prenait le dessus sur le sprint d’avant départ. Avec Benoit, nous avions eu peu de temps pour nous connaître en mer , connaître le bateau pour ma part. Les automatismes commençaient à se mettre en place entre nous malgré toute cette bousculade, nous étions heureux d’y avoir notre mot à dire, etre en mer… Situation météo pas simple, un front froid devait balayer la flotte après 30 heures de course. Début de course dans la pétole, on part sous spi ça glisse bien sur Jardin Bio . Le premier matin nous sommes dixième du classement mais notre position a été enregistré à 4h00 contre 4h30 pour les autres . Dans nos calculs nous sommes donc quatrième … Le pointage suivant viendra le confirmer . La course bat son plein, nous avons très peu récupéré jusque là. L’ambiance à bord va bien, plusieurs changement de voile , nous avançons vers le front, Le vent refuse doucement, le ciel commence à se charger. Jardin bio va vite ! Avec Ben nous parlons peu , l’œil sur le baromètre, la tête dans les penons…Nous voulons réussir notre passage de front. Le bateau commence à taper dans la mer à mesure que nous remontons vers le vent. Il arrive, il annonce son passage…La pluie commence à cingler les visages , ciel bas, chargé, le vent siffle, prend des tours ! La mer se lève, on y voit rien, la lune est en vacance…Je pars me coucher salé ! Réveil un peu plus tard contre le moteur qui tourne, ses vibrations m’ont fait oublier la situation ! Benoit est debout à coté de moi à fixer l’anémomètre 38 ok ça va , je suis un peu dans le gaz ! ça doit etre une rafale … 44…48….52,9 ! merde ! On est 3 ris et trinquette arrisé , la grand voile claque comme un pavillon en nylon ;.ambiance déchainée ! Pas facile de se dire qu’il est trop tard pour réduire. On réfléchit sans trop parler ! Une vibration nous rappel soudain à la dure réalité, le solent monte sur son etai , la voile s’est detaché de son rabant et se hisse toute seule ! Une seule solution, aller à l’avant pour redescendre la toile qui devient folle dans ce vent ; je croche la longe ; L’enfer, à peine devant je prends des coups d’une rare violence . Le col de mon ciré devient un entonnoir , je ne vois plus rien sauf mes mains …voile sécurisé …Humide !!! Nos yeux sont rouges le vent souffle encore mais le plus fort semble derrière. Le front passe , la pluie qui mouille stop un peu , on vire de bord, comme dans le bouquin quoi ! le vent tourne, 22 nœuds cap au 200 vitesse 6.5 kt en bref prudents . Les vagues viennent de face ; ça tape fort le bateau se soulève et retombe souvent malgrès notre faible vitesse. Tout bascule en une vague… on décolle, silence, silence, haut de cœur, suivi du fracas épouvantable du bateau qui souffre … nos yeux se croisent … le mat est debout ! On a encore une quille ! ok !!! On matos et on remettra de la toile après . C’est pas le moment de casser le bateau ! Benoit part pisser derrière… Merde la bastaque est molle !!! Quoi ? En fait dans le choc elle a glissé de son bloqueur . Nous avons sauvé le mat uniquement grace aux nœuds que nous faisons automatiquement autour du taquet….. Nous descendons pour matosser et là devant nos yeux ! le bateau tape ! …le fond se gondule devant nos yeux … Une cloison a reculé dans le choc, un oméga s’est décollé de sa mousse, Une seconde, un regard,…c’était fini pour la solidaire …a suivre Lorient à bord de Jardin Bio Stan
Récit d’un crash
« On est abattu, on s’était bien battu, et une vague de trop, vers 2h du matin après que le gros du front soit passé, une plus violente que les autres a tout cassé. Sur une mer très courte, on est tombé dans un trou. Le bateau s’est levé : on se demandait quand il allait se poser, un peu comme sur une montagne russe. On a une fissure d’un bon mètre sur la coque, et un bon mètre ailleurs. On n’a rien eu besoin de se dire, on savait que c’était foutu. On a le moral dans les chaussettes, on avance doucement sous une voilure réduite vers La Rochelle pour ménager le bateau. » Stanislas Maslard (Jadin Bio). Source la Solidiaire du Chocolat